
Melancholia se déroule principalement autour de l’école secondaire privée Ahseong, une institution prestigieuse au cœur de Gangnam, symbole de réussite sociale et scolaire, mais aussi d’un système corrompu où les privilèges et les manipulations règnent en maître. Les parents influents y dictent leur loi, plaçant leurs enfants dans une compétition féroce où le statut et l’apparence comptent plus que l’intégrité, et où la triche ou les arrangements opaques façonnent les notations, les entrées et les opportunités.
Au centre de l’histoire se trouve Ji Yoon-soo, une professeure de mathématiques à l’esprit passionné et à la forte volonté, qui rejoint Ahseong pour enseigner dans un cours avancé. Elle aime les mathématiques sous toutes leurs formes, encouragent ses élèves à explorer les problèmes non seulement pour les résoudre, mais pour comprendre leur propre logique interne. Pour elle, les mathématiques ne sont pas seulement une matière : c’est une vision du monde structurée, une quête de clarté et d’absolu — un lieu où la vérité peut être prouvée, étape par étape.
Peu après son arrivée, Yoon-soo rencontre Baek Seung-yoo, un élève taciturne aux résultats catastrophiques qui, malgré son génie en mathématiques et un passé brillant (ayant participé très jeune aux Olympiades et admis à MIT), s’est renfermé après un traumatisme personnel. Sa passion pour la logique mathématique existe toujours, mais il l’a mise de côté — préférant observer le monde à travers l’objectif de son appareil photo plutôt que de participer au concours de succès scolaire tel que défini par ses pairs.
Yoon-soo perçoit immédiatement le potentiel invisible de Seung-yoo. Elle s’investit avec patience et détermination dans son enseignement, le poussant à réapprendre à croire en lui-même, à résoudre des équations et à retrouver cette curiosité intellectuelle qui faisait autrefois sa force. Sous son influence, ses notes grimpent et il devient le premier de la classe, non pas par triche ou favoritisme, mais par une compréhension profonde que seule une approche authentique des mathématiques peut apporter.
Cette réussite pourtant pure et méritée suscite de la jalousie et de la méfiance. Les élèves privilégiés, soutenus par des parents influents, voient leur position menacée. On commence à murmurer des rumeurs malveillantes sur une relation illicite entre Yoon-soo et Seung-yoo, une stratégie destinée à discréditer la professeure, la faire mettre à pied et rétablir l’ordre des puissants. Dans ce climat où l’apparence a plus de poids que la vérité, la réputation de Yoon-soo est brisée et elle est licenciée de l’école.

La série alterne entre le passé et le présent, montrant comment les mathématiques pour Yoon-soo et Seung-yoo sont un refuge, une façon de penser qui transcende les blessures humaines. Ce n’est pas uniquement une matière scolaire, mais une méta-allégorie de leurs vies : établir des preuves, chercher des solutions justes, parfois réviser ses hypothèses face à l’adversité. Seung-yoo, en particulier, voit dans les mathématiques un absolu qui n’est pas corrompu par les jeux de pouvoir ou les attentes sociales — à l’opposé du monde toxique de l’élite scolaire.

Quatre ans après son renvoi, les chemins de Yoon-soo et Seung-yoo se croisent à nouveau alors qu’ils sont tous deux adultes. Leur histoire n’est plus simplement celle d’un professeur et d’un élève, mais celle de deux êtres unis par une passion intellectuelle partagée et par une quête commune de vérité. Ils décident de collaborer pour dénoncer les pratiques corrompues de l’école, démontrer l’innocence de Yoon-soo et restaurer sa réputation, tout en confrontant leurs propres traumatismes.
La dimension romantique de la série est traitée avec nuance : la relation entre Ji Yoon-soo et Seung-yoo dépasse les simples normes sociales ou les scandales défavorables aux médias. Elle explore les émotions complexes d’attachement, de confiance et de reconnaissance mutuelle. Ce n’est pas une romance purement idéalisée, mais une connexion forgée dans l’adversité, le respect de l’intellect de l’autre et une profonde compréhension de leurs blessures respectives, transcendant les conventions sociales rigides et souvent hypocrites qui entourent l’éducation élitiste.

Autour d’eux gravitent d’autres élèves et professeurs, chacun représentant une facette de ce système : des jeunes comme Ye-rin, Ji-na, et Si-an, influencés par leurs propres familles, leurs insécurités et leurs désirs d’être reconnus, souvent au détriment de leur propre intégrité. À travers leurs erreurs, leurs mensonges et leurs confrontations avec la vérité, la série montre que la rédemption et le pardon — non seulement de soi, mais des autres — sont les seules voies possibles vers une vérité plus authentique que ne le promettent les illusions de succès imposées par la société.
Melancholia n’est pas seulement un drame scolaire ou une histoire d’amour controversée : c’est une critique incisive des inégalités du système éducatif, une exploration profonde de la nature humaine à travers le prisme des mathématiques, et une méditation sur la vérité, la rédemption et la force intérieure qui naît de la confrontation entre logique et émotion.

Les comédiens
- Im Soo-jeong dans le rôle de Ji Yoon-soo, une professeure de mathématiques.
- Lee Do-hyun dans le rôle de Baek Seung-yoo, un génie des mathématiques.
- Jin Kyung dans le rôle de Noh Jeong-ah, chef de l’administration scolaire du lycée Ahseong.
- Woo Da-vi dans le rôle de Seong Ye-rin, la fille de Min-joon et Hye-mi, première élève du lycée Ahseong.
- Oh Hye-won dans le rôle de Noh Yeon-woo, la deuxième fille du président de l’Académie Ahseong.
- Choi Woo-sung interprète Jang Gyu-yeong, le deuxième meilleur élève de l’école, toujours jaloux de Baek Seung-yoo.
- Kim Ji-young incarne Kim Ji-na, la fille unique de Noh Jung-ah, directrice des affaires scolaires du lycée
- Shin Soo-yeon dans le rôle de Choi Si-an
- Choi Dae-hoon dans le rôle de Ryoo Seong-jae, le fiancé de Yoon-soo, conseiller politique au Bureau de l’éducation.
- Jang Hyeon-seong incarne Seong Min-joon, père de Ye-rin et sénateur.
- Byun Jung-soo dans le rôle de Yoo Hye-mi, une actrice de premier plan, mère de Ye-rin.
- Baek Ji-won dans le rôle de Min Hee-seung, la mère de Baek Seung-yoo.
- Oh Kwang-rok dans le rôle de Ji Hyun-wook, le père de Ji Yoon-soo.

Création : Kim Jae-hyun (tvN) / Studio Dragon
Auteur : Kim Ji-woon
Réalisation : Kim Sang-hyeob
Musique : Park Se-joon
Production exécutive : Lee Hye-young & Kim Rak-hyun
Producteurs : Moon Seok-hwan, Oh Kwang-hee, Yoo Beom-sang & Ham Geun-ho
Montage : Kim Hee-sung
Production : Bon Factory Worldwide

Les indispensables seconds rôles
Kim Ji-na incarne l’élève modèle fabriquée par le système. Issue d’une famille influente, elle évolue dans la certitude que sa réussite est un droit acquis. Derrière ses résultats flatteurs se cachent la pression parentale, les arrangements et la triche institutionnalisée. Ji-na ne vit pas pour apprendre mais pour conserver sa position. L’arrivée de Baek Seung-yoo, puis l’émergence de talents authentiques comme Si-an, fissurent ce socle artificiel. Son arc est celui d’une chute intérieure : plus le mensonge devient visible, plus elle se crispe, jusqu’à se rendre compte que son intelligence n’a jamais été libre. La série ne lui offre pas de véritable rédemption spectaculaire, mais un face-à-face douloureux avec le vide de son parcours, soulignant que certains enfants de l’élite sont eux aussi des victimes, enfermées dans une réussite factice.

Choi Si-an est sans doute le personnage secondaire le plus lumineux et le plus injustement traité. Brillante hors des cadres scolaires classiques, elle est repérée par Ji Yoon-soo pour son intelligence stratégique, perceptible dans les jeux comme le Go et les échecs et dans sa manière intuitive d’aborder les mathématiques. Yoon-soo la “choisit”, au sens le plus noble du terme, et l’adopte intellectuellement, lui offrant ce que l’école d’Asung refuse : du temps, de l’écoute et une confiance sans condition sociale. À travers le père de Yoon-soo, mathématicien génial devenu marginal à force de poursuivre une équation jamais résolue, Si-an entre en contact avec une pensée mathématique pure, débarrassée des enjeux de classement. Lorsqu’elle parvient à un résultat déjà publié par ce dernier sans le savoir, l’école saisit l’occasion pour l’évincer. Ce n’est pas l’erreur qui est sanctionnée, mais son absence de légitimité sociale. Si-an est exclue parce qu’elle n’appartient pas aux grandes familles, parce que son intelligence est libre et incontrôlable. Son arc ne s’achève pas dans l’échec : suivie par Yoon-soo et Seung-yoo hors des classes privées, elle incarne l’idée que la transmission véritable peut exister en dehors des institutions corrompues.


Lee Ye-rin représente l’élève broyée par l’obsession de performance parentale. Moins protégée que Ji-na, mais tout aussi prisonnière du système, elle subit une violence psychologique constante, où l’amour parental est conditionné aux résultats. Son arc est marqué par la souffrance silencieuse et la peur de l’échec, jusqu’au moment où le mensonge devient insupportable. La série fait d’elle l’un des visages les plus poignants des “enfants sacrifiés” : doués, mais privés de toute liberté intérieure. Sa trajectoire montre que la triche n’est pas toujours un choix, mais parfois un mécanisme de survie imposé par les adultes.
No Jung-ah, antagoniste majeure, incarne la corruption intellectuelle à son plus haut degré. Brillante autrefois, elle a renoncé à la recherche et à la vérité scientifique pour s’assurer une position de pouvoir au sein d’Asung. Elle manipule élèves, résultats et réputations avec une froide lucidité, convaincue que la fin justifie les moyens. Face à Ji Yoon-soo, elle voit une menace existentielle : une enseignante qui aime réellement transmettre et qui croit encore à la vérité mathématique. Son arc est celui d’une chute sans rédemption. Incapable de reconnaître ses fautes, No Jung-ah préfère s’accrocher à son autorité jusqu’à l’effondrement, illustrant la faillite morale de ceux qui transforment le savoir en instrument de domination.

Les parents des élèves forment un arc collectif essentiel. Ils représentent une élite obsédée par la reproduction sociale, pour qui les enfants ne sont que des extensions de leur propre ambition. Leur présence constante en arrière-plan révèle un système où l’éducation est un marché, où l’éthique est négociable et où la souffrance des enfants est un dommage collatéral acceptable. Contrairement aux élèves, peu d’entre eux accèdent à une quelconque remise en question, renforçant l’idée que la régénération morale ne peut venir que de la génération suivante.
Enfin, les enseignants secondaires d’Asung incarnent la zone grise du système. Ni héros ni bourreaux, ils choisissent le silence, la neutralité, l’adaptation. Leur arc est celui de la lâcheté ordinaire, celle qui permet aux injustices de prospérer sans bruit. À travers eux, Melancholia rappelle que l’institution ne se maintient pas seulement par la corruption active, mais aussi par la passivité de ceux qui savent et se taisent.
À travers ces personnages secondaires, Melancholia construit une critique profonde et mélancolique du monde éducatif élitiste. La série affirme que la vérité, la rédemption et même l’amour ne peuvent naître qu’en dehors des structures fondées sur le privilège. Les mathématiques, quête d’un absolu jamais totalement atteignable, deviennent alors la métaphore ultime d’une justice idéale, que seuls ceux qui acceptent de perdre leur place dans le système peuvent encore espérer approcher.

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