
Dans un royaume fictif inspiré de la Corée médiévale, appelé Daeho, l’équilibre du monde est régi par des lignées de mages capables de maîtriser les éléments grâce à l’énergie appelée « chisu », et par une hiérarchie fondée sur la transmission du pouvoir magique. Mais cet ordre établi est profondément bouleversé par un sort interdit : l’« alchimie des âmes », un rituel de sorcellerie noire permettant de transférer l’âme d’un corps dans un autre. Ce procédé, aussi fascinant que destructeur, devient le cœur de toutes les tensions : il défie les lois naturelles, fait vaciller les familles dirigeantes, et révèle la part sombre des ambitions humaines.
Nak-su, une tueuse d’élite issue d’un clan de mages autrefois prestigieux, est grièvement blessée au début de la série. Pour survivre, elle tente l’alchimie des âmes et projette son esprit dans le corps apparemment faible et aveugle de Mu-deok, une servante de bas rang. Elle perd néanmoins ses pouvoirs, piégée dans ce corps inadapté, et se retrouve à jouer un double-jeu, contrainte à dissimuler son identité tout en cherchant un moyen de retrouver sa puissance. Son chemin croise celui de Jang Uk, un jeune noble au destin contrarié : fils illégitime d’un grand mage, il a privé de ses pouvoirs magiques à la naissance et il lui est interdit de pratiquer la magie. Leur rencontre marque le début d’un parcours initiatique complexe. Jang Uk devient le disciple de Mu-deok sans connaître sa véritable identité, et entre eux naît une relation ambiguë, marquée par l’apprentissage, la confiance, la rivalité, l’attirance croissante et une tension constante entre vérité et secret.

Autour de ce duo, les grandes familles de mages — les Seo, les Jin, les Park et les Jang — se livrent une lutte de pouvoir silencieuse, minée par les ambitions politiques, les mariages arrangés, les conflits de succession et les héritages magiques. Le royaume est divisé entre ceux qui veulent conserver l’ordre ancien, fondé sur la magie blanche, et ceux qui, dans l’ombre, manipulent les forces interdites de l’alchimie des âmes pour atteindre l’immortalité ou le contrôle absolu. Jin Mu, un mage renégat, tire les ficelles de ces intrigues occultes, développant une armée de créatures créées artificiellement à partir d’âmes transférées.
La deuxième partie de la série fait un saut temporel. Nak-su, présumée morte, réapparaît mystérieusement dans le corps de Jin Bu-yeon, héritière du prestigieux clan Jin, dotée de capacités magiques extrêmement rares. Mais elle a perdu la mémoire, ignorant sa propre identité de Nak-su. Jang Uk, désormais un puissant mage revenu d’entre les morts grâce à la pierre de glace — un artefact magique aussi puissant que dangereux — vit reclus, rongé par la culpabilité et le chagrin. Le destin les réunit à nouveau, dans un contexte où les familles se préparent à une guerre ouverte, les monstres de l’alchimie prolifèrent, et l’équilibre du monde vacille.
À travers ces deux volets, la série interroge profondément les questions d’identité, de mémoire et de destinée. Elle explore la manière dont les âmes survivent ou se transforment au fil du temps, à travers les corps, les amours, et les sacrifices.
Magie blanche vs Magie noire
Dans Alchemy of Souls, l’opposition entre magie blanche et magie noire est au cœur du récit et structure l’univers de Daeho comme un champ de tensions morales, politiques et spirituelles. Cette opposition dépasse la simple différence de techniques magiques : elle interroge le rapport à la vie, à l’âme, au pouvoir, à l’héritage et à l’humanité elle-même.
La magie blanche, pratiquée par les grandes familles de mages (Seo, Jang, Park, Jin), repose sur une maîtrise des éléments et une communion avec l’énergie naturelle appelée chisu. Elle est régie par des règles strictes, transmise de maître à disciple, et suppose une discipline mentale, une élévation morale et un respect de la vie. Elle vise à protéger, soigner, renforcer, et à maintenir l’équilibre du monde. La magie blanche exige donc un lien spirituel profond avec son environnement et ses ancêtres. Elle est aussi une question de lignée : seuls ceux qui appartiennent aux grandes familles sont censés pouvoir y accéder pleinement, ce qui introduit une forme de hiérarchie sociale et de conservatisme institutionnel.

La magie noire, quant à elle, est une transgression. Elle est incarnée par l’alchimie des âmes, ce sort interdit qui permet de transférer une âme dans un autre corps. Cette pratique rompt l’équilibre naturel et défie le cycle de la vie et de la mort. Elle est utilisée par des personnages qui cherchent à obtenir l’immortalité, à usurper un corps, ou à se réincarner à volonté, sans considération pour les conséquences éthiques ou spirituelles. La magie noire s’accompagne souvent d’un appauvrissement du corps d’accueil (il se détériore à mesure que l’âme étrangère le contrôle), d’un affaiblissement de l’identité (perte de mémoire, confusion entre les âmes), et d’un dérèglement du monde magique (naissance de monstres, fissures dans l’ordre naturel).
L’un des meilleurs exemples de cette opposition est le personnage de Jin Mu, mage officiel mais traître de l’ombre, qui maîtrise la magie noire et cherche à créer une armée d’êtres hybrides, de réceptacles artificiels d’âmes sans corps. Il est l’archétype de l’apprenti sorcier moderne, prêt à toutes les manipulations pour imposer sa vision d’un pouvoir libéré des lois naturelles. Il incarne aussi une critique du transhumanisme : la volonté de créer des êtres parfaits, au prix de l’âme et de l’humanité.

En face, les mages blancs, bien que parfois rigides ou prisonniers de leur hiérarchie, tentent de défendre l’ordre, d’empêcher la diffusion de la magie noire, et de rappeler l’importance des lois naturelles. Mais leur échec à intégrer des figures marginales comme Nak-su ou Jang Uk contribue à l’émergence de dérives. C’est donc aussi une critique de l’élitisme : en refusant l’ouverture, les gardiens de la magie blanche laissent la magie noire séduire ceux qui n’ont pas leur place dans l’ordre établi.
Enfin, Jang Uk lui-même devient un lieu de tension entre les deux magies. Héritier de la magie blanche par son sang mais « contaminé » par la pierre de glace et par son contact intime avec Nak-su, il incarne une forme de puissance hybride. Il est à la fois protecteur et destructeur, lumière et ténèbres. C’est en lui que la série interroge la possibilité d’un dépassement de cette dualité : peut-on maîtriser une magie dangereuse sans être corrompu ? Peut-on accueillir en soi l’interdit sans devenir un monstre ?

Le parcours initiatique de Jang-Uk
L’un des arcs centraux de la première partie d’Alchemy of Souls repose sur la formation de Jang Uk, construite comme un véritable parcours initiatique, à la croisée de l’apprentissage martial, spirituel et émotionnel. À travers sa relation avec Mu-deok — qui cache en réalité l’âme de Nak-su — Jang Uk va progressivement briser les chaînes de son destin maudit, réveiller son potentiel, et affronter les contradictions de son héritage. Cette dynamique maître-disciple inversée, où la servante est en réalité le mentor, donne lieu à un duo à la fois touchant, explosif et plein d’humour.

Le charme de cette première partie réside précisément dans cette alchimie entre deux êtres que tout oppose : elle, meurtrie, privée de ses pouvoirs, mais d’une intelligence redoutable ; lui, impétueux, naïf, mais assoiffé d’apprendre. Leurs dialogues sont souvent teintés d’ironie, de jeux de pouvoir, de chamailleries presque enfantines, qui contrastent avec la violence du monde qui les entoure. Leur complicité, nourrie par les épreuves et les secrets, fait de cette première moitié une aventure initiatique au ton souvent lumineux, malgré les enjeux tragiques en toile de fond.

Mais ce ton change radicalement dans la seconde partie, marquée par la disparition de Mu-deok/Nak-su, la mort symbolique de Jang Uk, et sa renaissance dans la solitude et la noirceur. Trois ans ont passé, et Jang Uk revient habité par la pierre de glace, devenu un chasseur d’âmes échangées. Son costume sombre, ses cheveux détachés, son regard glacial incarnent cette métamorphose. Il est comme Luke Skywalker, il n’a plus l’innocence du début, le côté obscur de la force est à portée de main. Le costume de Jang Uk est à lui seul un symbole : du blanc immaculé et des couleurs vives du disciple à l’obscur noir de celui qui porte la mort en lui, son évolution est aussi visuelle qu’émotionnelle.L’humour a disparu, tout comme la légèreté des premiers épisodes. C’est un héros silencieux, hanté, qui n’attend plus rien de l’amour ou de la vie. Là où la première partie construisait un couple, la seconde s’enfonce dans les dilemmes de l’âme, de la mémoire et du sacrifice.

Les deux parties forment un contraste saisissant : l’initiation joyeuse et pleine d’espoir d’un jeune homme à travers l’amour, l’humour et la désobéissance ; puis la chute dans l’obscurité, la mélancolie, et la reconquête de soi après la perte. La série suit ainsi la logique d’un grand récit de formation, où le héros, pour se réaliser, doit tout perdre — y compris l’amour — avant d’espérer renaître autrement.

Les comédiens
Lee Jae-wook : Jang Uk – Héritier de la famille Jang, né sous un destin interdit, il devient disciple de Mu-deok/Nak-su et est au centre des luttes de pouvoir magiques.

Jung So-min (Partie 1) : Mu-deok / Nak-su – Tueuse d’élite ayant transféré son âme dans le corps d’une servante aveugle ; elle cache son identité tout en entraînant Jang Uk.

Go Yoon-jung (Partie 2) : Jin Bu-yeon / Nak-su – Fille mystique du clan Jin, dans le corps de laquelle l’âme de Nak-su renaît sans souvenirs ; elle devient l’intérêt amoureux de Jang Uk.

Au début de la série Alchemy of Souls (partie 1), le rôle de Nak-su, la redoutable tueuse de mages maîtrisant la magie noire, est interprété par Go Yoon-jung.
Elle apparaît brièvement dans son corps originel, notamment lors de l’épique scène d’ouverture où, blessée après un combat, elle utilise l’alchimie des âmes pour transférer son esprit dans le corps d’une servante aveugle : Mu-deok, interprétée ensuite par Jung So-min. Pendant toute la première partie, c’est donc Jung So-min qui incarne Mu-deok possédée par Nak-su, tandis que Go Yoon-jung n’apparaît que dans quelques flashbacks ou séquences initiales.
Go Yoon-jung reprend ensuite pleinement le rôle principal dans la deuxième partie (Alchemy of Souls: Light and Shadow), où l’âme de Nak-su habite le corps de la spectrale Jin Bu-yeon — son propre corps originel, mais désormais fusionné et mystérieusement modifié.
Ce choix narratif, très audacieux, est au cœur du thème de l’identité et du déplacement de l’âme dans la série.





Hwang Min-hyun : Seo Yul – Mage noble du clan Seo, ancien amour de Nak-su, intelligent, loyal et intuitif, déchiré entre le devoir et ses sentiments.

Shin Seung-ho : Prince Go Won – Prince héritier du royaume, orgueilleux mais idéaliste, qui entretient une relation ambiguë avec Jang Uk.

Yoo Joon-sang : Park Jin – Chef du clan Songrim, mage rigide mais protecteur, ancien mentor de Jang Uk.
Oh Na-ra : Kim Do-ju – Servante et figure maternelle de Jang Uk, fine stratège et femme de confiance du clan Jang.

Yoo In-soo : Park Dang-gu – Neveu de Park Jin, héritier de Songrim, drôle et loyal, fiancé à Jin Cho-yeon.
Arin (de Oh My Girl) : Jin Cho-yeon – Fille cadette du clan Jin, mignonne mais gâtée, aspirant à être aimée et respectée.

Jo Jae-yoon : Jin Mu – Mage manipulateur et principal antagoniste, maître de la magie noire, responsable de l’organisation secrète derrière les âmes échangées.
Park Eun-hye : Jin Ho-gyeong – Chef du clan Jin, mère de Bu-yeon, puissante et intransigeante sur les traditions magiques.
Im Chul-soo : Maître Lee Cheol – Grand mage excentrique et sage, ancien mentor spirituel de Jang Uk et détenteur de la pierre de glace.

Do Sang-woo : Seo Yoon-oh – Membre du clan Seo et allié de Seo Yul.
Hong Seo-hee : Heo Yoon-ok – Membre du clan Heo, elle entretient des liens étroits avec les autres familles nobles.
Choi Kwang-il : Go Soon – Conseiller du roi, homme d’influence politique.
Kang Kyung-heon : Reine Seo-ha – Épouse du roi, impliquée dans des intrigues liées à la magie noire.

Jung Ji-an : So-i – Espionne au service de Jin Mu, impliquée dans l’usurpation d’identité autour de Bu-yeon.
Lee Do-kyung : Maître Heo – Chef du centre médical de Jeongjingak, spécialiste en soins magiques et mentor bienveillant.
Cha Yong-hak : Roi de Daeho – Monarque passif, manipulé par les forces politiques et magiques.
Park So-jin (Girl’s Day) : Joo Wol – Gisaeng de la Maison Chwiseonru, amie de Mu-deok.
Moon Seong-hyun : Jang Uk jeune – Version enfant de Jang Uk dans les scènes de flashback.
Gu Yoo-jung : Nak-su jeune – Version enfant de Nak-su dans les scènes de son passé tragique.


Scénaristes : Hong Jung-eun et Hong Mi-ran – plus connues sous le nom de Sœurs Hong (Hong Sisters).
Réalisateurs : Park Joon-hwa
Compositeur principal de l’OST : Nam Hye-seung
Producteurs exécutifs : Jang Jung-do & Kim Young-kyu
Sociétés de production : Studio Dragon, H.wa&Dam Pictures.












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