
That Winter, the Wind Blows raconte l’histoire d’un escroc séduisant, Oh Soo, qui vit sans but véritable depuis la mort de son premier amour. Endetté et poursuivi par la mafia, il décide de se faire passer pour le frère perdu de longue date d’une riche héritière aveugle, Oh Young, dans l’espoir de s’emparer de son héritage pour échapper à ses créanciers. Cependant, ce qui commence comme une manipulation se transforme en une relation ambiguë, marquée par la culpabilité, la tendresse et un amour naissant.
Le drama aborde la question du handicap, non pas comme une simple caractéristique, mais comme une source d’exclusion sociale et d’angoisse intérieure. Oh Young n’est pas seulement privée de la vue ; elle est également privée d’amour sincère, de confiance envers les autres, et de moyens concrets pour contrôler sa propre vie. À travers son personnage, la série interroge la manière dont la société coréenne perçoit et traite les personnes handicapées, en particulier dans les sphères de pouvoir.
La thématique de la succession au sein d’une famille chaebol est également centrale. Oh Young, en tant qu’unique héritière, est entourée d’intérêts et de manipulations. Le pouvoir financier de sa famille attire la convoitise, et les tensions autour de la direction de l’entreprise soulignent la violence symbolique et réelle de ces dynasties économiques. L’amour fraternel, ou son simulacre, devient un enjeu stratégique dans cette lutte de pouvoir, transformant le mensonge d’Oh Soo en un acte aux conséquences lourdes, tant morales qu’économiques.
Mais c’est surtout le thème du mensonge et de l’amour qui structure le récit. Oh Soo ment pour survivre, mais il finit par aimer réellement. Oh Young veut croire, même si elle devine la vérité. Ce paradoxe entre tromperie et authenticité donne à la série une tension émotionnelle importante. Chaque geste, chaque regard est traversé par l’incertitude : est-ce vrai ou faux ? Est-ce sincère ou intéressé ? Le drama développe ainsi une réflexion sur les frontières troubles entre le calcul et l’abandon, entre le besoin d’être aimé et la peur de l’être pour de mauvaises raisons.

Les comédiens
- Jo In-sung dans le rôle de Oh Soo, un escroc charismatique et joueur professionnel qui se fait passer pour le frère disparu d’une riche héritière aveugle.
- Song Hye-kyo dans le rôle de Oh Young, une héritière aveugle et solitaire, méfiante envers son entourage.
- Kim Bum dans le rôle de Park Jin-sung, le fidèle ami et complice de Oh Soo.
- Jung Eun-ji dans le rôle de Moon Hee-sun, la sœur cadette de la première amante décédée de Oh Soo, qui l’aide malgré ses réticences.
- Bae Jong-ok dans le rôle de Wang Hye-ji, secrétaire et tutrice de Oh Young.
- Kim Tae-woo dans le rôle de Jo Moo-chul, un gangster lié au passé de Oh Soo.
- Seo Hyo-rim dans le rôle de Jin So-ra, l’ex-petite amie de Oh Soo.
- Im Se-mi dans le rôle de Son Mi-ra, une amie de Oh Young.
- Kim Kyu-chul dans le rôle de Jang Sung, l’avocat de la famille Oh.
- Kim Young-hoon dans le rôle de Lee Myung-ho, le fiancé de Oh Young.
- Kyung Soo-jin dans le rôle de Moon Hee-joo, la première amante décédée de Oh Soo.

Scénariste : Noh Hee-kyung, reconnue pour ses œuvres sensibles et introspectives. Elle a collaboré avec le réalisateur Kim Kyu-tae sur plusieurs projets, dont Padam Padam et It’s Okay, That’s Love.
Réalisateur : Kim Kyu-tae, connu pour son style visuel distinctif et ses plans rapprochés mettant en valeur les émotions des personnages. Il a remporté le prix du meilleur réalisateur aux 49e Baeksang Arts Awards pour cette série.
Producteurs exécutifs : Kim Young-seob et Cho Jung-ho.
Producteurs : Beck Chung-hwa, Lee Dong-hoon et Lee Young-joon.
Compositeur : Choi Seong-kwon.
Sociétés de production : BaramiBunda Inc., Golden Thumb et Seunghwa Industry Corp.

Les arcs scénaristiques de la série
Dans That Winter, the Wind Blows, plusieurs arcs scénaristiques s’entrelacent pour composer une trame riche en tensions émotionnelles et morales. Ces arcs sont habilement structurés autour de la solitude, du mensonge, de la rédemption, et de la quête d’un amour authentique, dans un monde où l’apparence, le pouvoir et la méfiance règnent. Voici les principaux arcs développés et leur articulation :
Le mensonge fondateur d’Oh Soo
Le cœur de la série repose sur le mensonge d’Oh Soo, un escroc endetté qui, pour échapper à ses créanciers et sauver sa vie, usurpe l’identité du frère disparu d’une héritière aveugle. Il s’introduit dans la famille de Oh Young avec l’intention de dérober sa fortune. Cet arc place immédiatement le spectateur dans une tension dramatique : jusqu’où ira-t-il dans cette imposture ? Ce mensonge n’est pas seulement un prétexte narratif : il devient un fardeau existentiel pour le personnage, qui doit sans cesse choisir entre la trahison et l’amour sincère qu’il éprouve progressivement pour Oh Young. Il s’agit d’un mensonge d’abord utilitaire, puis traversé par la culpabilité, qui pose la question centrale de la série : peut-on aimer vraiment quand on n’est pas celui que l’on prétend être ?

La solitude et la vulnérabilité de Oh Young
Aveugle depuis l’enfance, isolée depuis la mort de son père, méfiante envers tous ceux qui l’entourent, Oh Young vit dans une forteresse de silence et de défiance. Elle est entourée de personnes qui veulent la contrôler, l’infantilisent ou attendent sa chute. Elle n’a que peu de liens affectifs solides, et son handicap devient un enjeu de pouvoir au sein de l’entreprise familiale. Sa rencontre avec Oh Soo (qu’elle croit être son frère) agit comme un choc : elle découvre une forme d’attention, de tendresse, de confrontation même, qui lui redonne vie. Son arc est celui d’une émancipation intérieure : peu à peu, elle apprend à revendiquer ses choix, à se battre pour elle-même, et à se confronter à la vérité, même douloureuse.

La lutte pour le pouvoir dans la famille chaebol
L’entreprise familiale, que doit diriger Oh Young, est le théâtre d’une guerre feutrée entre plusieurs collaborateurs qui veulent s’accaparer le pouvoir. Sa secrétaire et tutrice légale, Wang Hye-ji, incarne à la fois la protectrice et la manipulatrice. Elle surveille Oh Young, la couve tout en contrôlant son entourage, y compris en menant une enquête discrète sur Oh Soo. Cet arc introduit une dimension sociale importante : celui des successions dans les familles chaebol, où la vulnérabilité devient une faille que chacun veut exploiter. L’entreprise devient un miroir des luttes d’influence personnelles et familiales.
L’ombre du passé et la rédemption de Oh Soo
Oh Soo traîne un lourd passé : abandonné enfant, il a grandi dans la rue, a aimé une femme morte tragiquement, et a plongé dans un monde de dettes, de jeux, de violence. Son arc de rédemption est progressif : ce n’est pas l’amour seul qui le transforme, mais le fait d’être reconnu, vu, et pardonné – malgré ses fautes. Les personnages de Jin-sung et Moon Hee-sun, ses proches amis, incarnent des figures du passé qui le ramènent sans cesse à sa culpabilité mais aussi à son humanité. L’amour qu’il porte à Oh Young devient un levier de rédemption, mais il reste miné par la peur que la vérité détruise tout.

L’ambivalence des personnages secondaires
Des figures secondaires comme Jin-sung (l’ami fidèle de Soo), Hee-sun (la sœur de la femme décédée autrefois aimée par Soo), ou encore la secrétaire Wang, ont chacun leur propre dynamique dramatique. Jin-sung est pris entre la fidélité et l’inquiétude morale, Hee-sun entre la vengeance et la reconnaissance de la sincérité des sentiments de Soo. Wang, quant à elle, oscille entre attachement réel pour Oh Young et volonté de tout contrôler. Ces personnages ne sont jamais unidimensionnels : leurs motivations évoluent, ils interrogent sans cesse les choix des protagonistes principaux.

L’évolution de l’amour entre Oh Soo et Oh Young
Cet arc romantique, au centre de la série, est traversé d’interdits, de tabous (il se fait passer pour son frère), de secrets et d’ambiguïtés. C’est un amour né d’une imposture, qui devient réel sans pouvoir se dire. Le spectateur assiste à la naissance de ce sentiment interdit, avec une tension constante : que se passera-t-il quand la vérité éclatera ? L’amour devient à la fois ce qui sauve et ce qui menace de tout détruire. Cet arc relie tous les autres : il est lié au mensonge fondateur, il déclenche le processus de rédemption de Soo, il aide Young à se libérer de sa solitude, et il déclenche les suspicions de ceux qui l’entourent.

Tous ces arcs sont liés les uns aux autres par une construction narrative circulaire : les révélations de l’un nourrissent les dilemmes de l’autre. Le mensonge de Soo met en danger l’émancipation de Young. L’aveuglement physique de Young fait écho à l’aveuglement émotionnel de Soo. Les personnages secondaires agissent comme des miroirs ou des agents de transformation. La série avance au rythme des prises de conscience, où chaque personnage est confronté à sa propre vérité, et où l’amour n’est jamais dissocié de la souffrance, ni le pardon de la lucidité.
En quelques mots…
That Winter, the Wind Blows est une œuvre poignante, non pas tant par sa mise en scène que par la justesse de son scénario et la force de l’interprétation. Le couple formé par Jo In-sung et Song Hye-kyo fonctionne à merveille : leur alchimie est palpable, leurs regards et silences transmettent une intensité émotionnelle rare. Le drama s’appuie sur une écriture solide, où chaque rebondissement émotionnel est finement dosé. Visuellement, en revanche, la série porte la trace de son époque : bien que l’image soit belle, la réalisation reste marquée par les codes du mélodrame télévisé des années 2010, avec des très gros plans fréquents, un éclairage souvent plat et peu contrasté, et un style général qui évoque une ère pré-HD. Ce léger décalage esthétique n’atténue cependant pas la puissance du récit, qui interroge profondément la frontière entre mensonge et vérité, solitude et amour, manipulation et abandon sincère.
That Winter, the Wind Blows est aussi traversée par des moments de grande poésie visuelle et sensorielle. Si la mise en image est parfois datée dans sa forme, certaines scènes marquent profondément par leur délicatesse et leur puissance symbolique.
La promenade en montagne, lorsque les arbres sont couverts de givre, reste l’une des scènes les plus inoubliables. Le vent fait tinter les branches comme des clochettes de verre, créant une ambiance irréelle. C’est un moment de bascule : Oh Young est encore méfiante, mais elle se laisse aller à une forme de confiance. Le bruit cristallin renvoie à une pureté, une paix éphémère, que ni les mots ni la raison ne peuvent briser. La nature devient ici une caisse de résonance des sentiments intérieurs, un espace où le silence vaut plus que les dialogues.

La clochette de cristal, que Oh Young manipule souvent, est un motif récurrent et hautement symbolique. Elle représente à la fois la présence de son frère disparu, un lien avec l’enfance, mais aussi un repère sensoriel dans un monde qu’elle ne peut plus voir. Chaque fois qu’elle la fait sonner, c’est une manière d’appeler ou de vérifier la présence de l’autre. Dans les scènes où Oh Soo répond à ce son, sans un mot, se crée une intimité d’autant plus forte qu’elle repose sur un code sonore et non visuel. Cette clochette devient presque un personnage en soi, une passerelle entre la vérité et le mensonge, entre l’attente et la réponse.
Autre moment marquant : la séquence du baiser sous la neige, après que Oh Young découvre partiellement la vérité. C’est une scène intense où les sentiments se déversent malgré la douleur. La neige, la nuit, le silence : tout concourt à faire de ce moment une suspension hors du temps. L’amour éclate dans sa nudité, sans protection, au bord du gouffre.
La scène de la tentative de suicide de Oh Young, dans la baignoire, est également bouleversante. Elle est filmée avec pudeur mais sans détour, marquant la profondeur de sa détresse. C’est aussi à partir de là que Soo réalise à quel point son mensonge n’est plus une affaire de survie financière, mais une question de vie ou de mort pour elle. C’est une scène charnière, presque sacrée dans sa gravité.
On peut aussi évoquer la scène du déjeuner dans le noir, préparé par Soo pour Oh Young. Il éteint toutes les lumières afin de partager son monde à elle. Dans cette obscurité volontaire, les gestes simples (manger, sourire, tendre la main) prennent une force immense. C’est un moment de partage sincère, un des rares où il n’y a ni stratégie ni tromperie.
Enfin, le regard de Oh Young dans les dernières minutes, lorsqu’elle revoit Soo dans le petit restaurant, figure parmi les plus beaux plans du drama. Ce regard, incertain, qui semble interroger : Est-ce vraiment toi ? Est-ce un rêve ? condense toute l’ambiguïté du drama. C’est un regard qui touche au cœur, à la fois inquiet, plein d’espoir et de résignation.
Ces scènes, bien que parfois entourées de conventions mélodramatiques, forment un tissu émotionnel très cohérent. Elles disent l’essentiel sans grands discours : l’amour naît parfois là où il ne devrait pas, et la vérité est parfois moins nécessaire que la présence de l’autre.

Une fin en demi-teinte
L’un des aspects les plus discutés de That Winter, the Wind Blows est sa fin ouverte, mélancolique, et volontairement ambivalente. Le choix de mise en scène et de narration dans les dernières minutes de la série laisse volontairement le spectateur dans une zone d’incertitude, entre réalité, rédemption et fantasme.
Oui, Oh Young est bien vivante. Elle a été opérée, ce que laisse entendre une scène en hôpital, et elle a retrouvé une autonomie, mais pas une vision parfaite. On comprend qu’elle a recouvré une perception partielle, peut-être quelques ombres, des lumières, mais pas une vue nette — ce qui justifie à la fois son geste lent lorsqu’elle marche, et le flou persistant dans les plans de fin.
Oh Soo, quant à lui, semble avoir disparu après le règlement de comptes sur le toit, blessé par balle. La série suggère qu’il a failli mourir — voire qu’il est mort — et que ce qu’on voit par la suite est peut-être une projection. Lorsqu’Oh Young entre dans le petit restaurant et qu’elle découvre Soo en serveur, un plan long sans dialogue s’installe. Le temps semble suspendu. La scène est filmée avec des couleurs douces, des ralentis, et surtout cette impression de rêve éveillé, renforcée par les arbres en fleurs et le flou artistique. Le cadre est lumineux, presque irréel. Les deux se sourient, puis marchent ensemble dans une allée, comme s’ils se retrouvaient dans une vie possible, ou dans l’au-delà, ou simplement dans leur imaginaire commun.

Ce flou visuel et narratif n’est pas dû au hasard. Il répond au style du scénariste Noh Hee-kyung, qui affectionne les fins ouvertes, où la douleur et l’espoir coexistent sans être tranchés. Elle ne confirme pas si cette scène est réelle, onirique, symbolique ou métaphorique. C’est à chacun d’interpréter.
Dans tous les cas, cette fin n’est pas une résolution au sens classique, mais une suspension « poétique ». Elle correspond à l’esthétique du drama tout entier : une tension constante entre illusion et vérité, lumière et ombre, survie et renoncement.
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