
« Lovestruck in the City » est une série coréenne romantique atypique qui adopte une forme narrative hybride, mêlant fiction classique et interviews façon documentaire. L’histoire se construit autour de six jeunes adultes vivant à Séoul, tous confrontés à leurs désirs, leurs blessures et leurs espoirs en matière d’amour, à travers des entretiens face caméra dans lesquels ils livrent leurs sentiments, leurs contradictions, parfois leurs mensonges.
Au cœur du récit se trouve Park Jae-won, un architecte passionné et sensible, qui vit hanté par le souvenir d’une femme qu’il a aimée intensément pendant un été sur une plage. Il l’appelle « la voleuse de caméra », une jeune femme libre et insaisissable qui, après avoir « volé » non seulement ses appareils photo mais aussi son cœur, a disparu sans laisser de trace. Cette mystérieuse femme est en réalité Lee Eun-o, une employée d’agence de marketing qui, à un moment de sa vie où elle voulait tout fuir, a adopté une fausse identité pour vivre une parenthèse enchantée avec Jae-won. Incapable d’assumer la vérité ni de faire face à lui, elle a préféré rompre tout contact sans explication.
La série explore ainsi des thèmes profonds comme le mensonge — non seulement envers les autres, mais aussi envers soi-même — et le besoin de disparaître pour échapper à la pression sociale ou à une identité qu’on ne reconnaît plus.

À travers les confessions à la caméra, on découvre que chacun des protagonistes porte des cicatrices : l’amertume d’un amour non réciproque, la nostalgie d’un premier baiser, la peur d’être vulnérable, ou le regret de n’avoir pas su dire ce qu’il fallait au bon moment. Les récits s’entrelacent, les points de vue se contredisent parfois, soulignant que la mémoire affective est souvent subjective.
« Lovestruck in the City » s’intéresse aussi à la diversité des formes d’amour urbain, à la fois intense, éphémère et souvent confus. La série interroge ce que signifie aimer dans une ville qui ne s’arrête jamais, où les relations naissent aussi vite qu’elles s’éteignent, où l’on cherche tantôt une passion, tantôt un refuge. Les personnages, tantôt cyniques, tantôt rêveurs, passent d’un ton léger à des réflexions plus graves sur leurs attentes, leurs blessures, ou leur incapacité à s’engager.

Lovestruck in the City n’est pas simplement une romance urbaine, c’est un portrait sensible et nuancé de jeunes adultes qui cherchent à aimer sans se perdre, à dire la vérité sans blesser, et à guérir sans oublier. La série réussit à capter la beauté des petits moments, l’ambiguïté des sentiments, et l’ironie douce-amère de l’amour moderne.
Une construction étonnnante
Ce qui rend Lovestruck in the City particulièrement original et captivant, c’est la manière dont le scénario et la réalisation s’entrelacent pour transformer une histoire d’amour somme toute assez classique en une réflexion moderne et subtile sur les relations.

Le format pseudo-documentaire, inspiré des entretiens intimistes, brise les conventions du genre romantique. Les personnages ne se contentent pas de vivre leur histoire : ils la commentent, la réinterprètent, s’en défendent ou l’idéalisent face à la caméra. Cela crée une double lecture — celle des faits et celle de leur mémoire ou de leurs émotions — tout en laissant le spectateur libre de juger ou de compatir.
Ce qui est particulièrement fort, c’est la manière dont les interviews deviennent parfois des lieux de confrontation indirecte. Les personnages, pourtant filmés séparément, se répondent, se coupent, se corrigent à distance, comme s’ils étaient dans une même pièce. Cette astuce de mise en scène introduit à la fois de l’humour et une forme de tension narrative. On assiste à des règlements de comptes ou à des déclarations sincères dans un cadre d’interview, mais leur impact émotionnel est aussi fort que s’ils avaient lieu dans l’action « réelle ». Cela rend leur humanité encore plus palpable.
Le scénario s’articule autour de grandes thématiques qui touchent à l’universel : le tout premier rendez-vous et l’angoisse qu’il suscite, les souvenirs d’un premier baiser maladroit ou magique, les premières amours qu’on idéalise ou qu’on regrette, et ce moment charnière où l’on passe du flirt à l’attachement sincère. À travers des questions simples posées en début d’épisodes — “C’était quand votre premier amour ?”, “Que pensez-vous du coup de foudre ?”, “Pourquoi rompre ?” — la série construit un kaléidoscope de témoignages touchants, drôles ou amers. Ces moments invitent le spectateur à se projeter, à comparer, à se souvenir.

En utilisant ce dispositif, la série donne une voix directe aux émotions, mais aussi aux contradictions des personnages : chacun veut être compris, justifié, mais tous mentent un peu, enjolivent ou taisent des choses. Cela crée une dynamique très réaliste, presque documentaire dans le fond, bien que la mise en scène reste esthétique et soignée.
Enfin, Lovestruck in the City parle aussi de solitude. Même au cœur de Séoul, immense et animée, ces jeunes adultes se cherchent, se manquent, se ratent. La caméra les isole souvent dans le cadre, comme si l’entretien révélait leur vulnérabilité plus que leurs paroles. L’envie de disparaître, le besoin de recommencer à zéro, la peur d’aimer ou d’être rejeté : tout cela se cristallise dans une mise en scène à la fois intime et pudique, qui donne à la série un charme profondément humain.

Les couples…
La série Lovestruck in the City tisse plusieurs arcs scénaristiques entremêlés, chacun centré sur un ou plusieurs personnages, qui se croisent dans l’espace urbain ou dans les séquences d’interview, créant un sentiment d’unité malgré la diversité des histoires.
Le principal arc narratif est celui de Park Jae-won et Lee Eun-o. Jae-won, architecte passionné, ne parvient pas à oublier une mystérieuse femme rencontrée durant un été. Cette femme, qu’il connaît sous une fausse identité, est en réalité Lee Eun-o, une jeune professionnelle en marketing qui, prise dans une crise existentielle, a décidé de vivre une parenthèse de liberté sous un autre nom, Yoon Seon-a. Leur romance naît sur la plage, à Yangyang, dans une ambiance insouciante et hors du temps. Mais la disparition brutale d’Eun-o après cet été parfait laisse Jae-won dévasté. Cet arc traite de l’obsession amoureuse, du pouvoir du souvenir, du mensonge identitaire et du désir de fuir pour se reconstruire. Il culmine dans les retrouvailles, lourdes de non-dits, de colère et de douleur, mais aussi d’amour encore présent, mettant en tension le pardon, l’acceptation et la possibilité d’un nouveau départ.

Un second arc important met en scène Choi Kyung-joon et Seo Rin-yi, un couple apparemment stable, ensemble depuis plusieurs années. Ils représentent un amour plus posé, mais pas exempt de doutes. Kyung-joon, ami et cousin de Jae-won, cache parfois son agacement face à l’attitude fantasque de Rin-yi, tandis que cette dernière questionne le confort de leur relation sans pour autant vouloir y renoncer. Leur dynamique apporte un regard sur les relations de longue durée, les petits compromis quotidiens, l’évolution des sentiments avec le temps et le fossé qui peut se creuser entre deux personnes même amoureuses.

Un autre arc suit Kang Geon, écrivain romantique et idéaliste, qui collectionne les déceptions amoureuses. Il est à la recherche de la femme qui saura comprendre son cœur sensible, mais ses attentes élevées le confrontent à la réalité de relations souvent bancales. Il est le plus mélancolique des personnages, toujours entre deux espoirs, toujours sincère mais rarement compris. Son parcours questionne le romantisme moderne, le besoin de reconnaissance affective et l’angoisse de la solitude.
Enfin, l’arc de Oh Sun-young complète l’ensemble avec un ton plus libre et audacieux. Elle assume pleinement sa sexualité, refuse de se conformer aux normes, et enchaîne les relations avec une franchise déconcertante. Pourtant, derrière sa façade assurée, se cache une forme de fragilité, une peur de s’attacher ou d’être blessée. Elle incarne un regard plus moderne et féministe sur les relations, où la liberté personnelle prime, mais où les émotions restent puissantes et souvent conflictuelles.

Tous ces arcs s’entrelacent dans un décor commun — la ville de Séoul, ses toits, ses cafés, ses ruelles nocturnes — et sont reliés par les séquences d’interviews, où les personnages parlent de leurs souvenirs, se défendent ou se dévoilent. Cela donne à la série une structure éclatée mais cohérente, où chaque parcours amoureux complète les autres, proposant une exploration plurielle et nuancée de l’amour urbain contemporain.
Les comédiens
- Ji Chang-wook incarne Park Jae-won, un architecte passionné et sincère, marqué par une romance estivale inoubliable.
- Kim Ji-won joue Lee Eun-o, une spécialiste du marketing qui, sous l’alias Yoon Seon-a, vit une histoire d’amour intense avec Jae-won avant de disparaître mystérieusement.
- Kim Min-seok interprète Choi Kyung-jun, un architecte et cousin de Jae-won, en couple stable avec Seo Rin-yi.
- So Joo-yeon est Seo Rin-yi, une jeune femme indépendante et dynamique, en relation avec Kyung-jun.
- Ryu Kyung-soo joue Kang Geon, un écrivain romantique et sensible, colocataire et ami proche d’Eun-o.
- Han Ji-eun incarne Oh Sun-young, une professeure d’éducation physique vive et directe, ancienne petite amie de Kang Geon.

- Choi Min-ho (membre de SHINee) interprète Oh Dong-sik, un jeune policier calme et discret, personnage secondaire apparaissant dans plusieurs épisodes, notamment le bonus (17ème épisode).
- Hong Soo-joo incarne Hae-na, une jeune actrice qui apparaît dans l’épisode bonus, où elle cherche à s’émanciper des contraintes du métier et à retrouver son autonomie personnelle.
Réalisateur : Park Shin-woo, connu pour son travail sur It’s Okay to Not Be Okay et Encounter.
Scénaristes : Jung Hyun-jung (Romance Is a Bonus Book, I Need Romance) et Jung Da-yeon.
Producteurs exécutifs : Jang Sai-jung et Hwang Jee-woo.
Producteurs : Choi Kyung-sook, Kim Min-ji, Jeon Woo-min et Jeon Ryeo-kyung.
Sociétés de production : Kakao M et Story & Pictures Media

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