
Romance is a Bonus Book raconte l’histoire de Kang Dan-i, une femme autrefois brillante dans sa carrière de publicitaire, qui a tout mis entre parenthèses pour élever sa fille et soutenir son mari. Après un divorce difficile, elle se retrouve sans emploi, sans logement, et sans véritable soutien. Son CV impressionnant devient un fardeau : aucune entreprise ne veut embaucher une femme qui a été absente du marché du travail pendant des années, surtout dans les métiers de la communication. Dan-i décide alors de cacher ses qualifications pour postuler à un poste subalterne dans une maison d’édition de taille moyenne, Gyeoroo Publishing, sans savoir qu’elle entre ainsi dans l’entreprise dirigée par son ami d’enfance, Cha Eun-ho. La série explore en profondeur la manière dont une femme peut reprendre pied dans un monde professionnel qui l’a laissée de côté. Dan-i, malgré sa vivacité, son intelligence et son expérience, doit affronter les préjugés liés à son âge, à son statut de mère divorcée, et à son passé professionnel. Son évolution au sein de Gyeoroo Publishing, où elle gagne peu à peu la reconnaissance de ses collègues par son travail rigoureux et sa passion pour les livres, symbolise la possibilité d’un second souffle dans sa vie professionnelle, mais aussi dans sa vie personnelle. Ce thème de la réinsertion féminine est traité avec nuance, à travers une galerie de personnages féminins à différents stades de leur vie et de leur carrière, qui illustrent les tensions entre vie personnelle, ambitions et société patriarcale.

Le cadre principal de la série est la maison d’édition elle-même, un espace chaleureux mais aussi compétitif, où se mêlent des personnalités diverses : éditeurs, correcteurs, designers, écrivains, assistants. On y découvre les coulisses du monde du livre coréen, entre réunions éditoriales, choix de manuscrits, mise en page, conception de couvertures et stratégies de vente. Gyeoroo est une entreprise moyenne, sans le clinquant des grands groupes, mais avec une forte identité, portée par des gens passionnés. Cette immersion dans le quotidien de l’édition donne une teinte particulière à la série, une atmosphère feutrée et littéraire, avec de nombreuses citations d’auteurs et une valorisation constante du travail éditorial.

Enfin, Romance is a Bonus Book est traversée par une quête plus intime : celle de l’acceptation de soi et des autres, dans un monde où les différences sociales, les écarts générationnels et les choix de vie sont trop souvent jugés. La série montre comment chacun, à sa manière, cherche sa place : Dan-i, qui doit redevenir visible malgré son statut de femme divorcée et de mère célibataire ; Eun-ho, qui a grandi sans connaître son père ; les jeunes collègues qui luttent pour exister face aux anciens ; les femmes qui tentent de se faire une place dans un milieu masculin. Plutôt que de condamner, la série observe, écoute et valorise la diversité des trajectoires. Elle insiste sur la nécessité de regarder au-delà des apparences, des lignes sur un CV ou des préjugés sociaux, pour accueillir les autres dans toute leur complexité.

Romance is a Bonus Book offre un regard humaniste sur les secondes chances, les renaissances silencieuses, les relations sincères, et les combats invisibles que mènent tant de femmes pour simplement retrouver leur place.

De la romance…
Dans Romance is a Bonus Book, comme son titre l’indique, la romance est un fil conducteur essentiel, mais traité avec douceur et élégance. Elle se déploie à travers plusieurs arcs scénaristiques qui s’entrelacent sans jamais tomber dans le mélodrame excessif, tout en enrichissant le propos général sur les relations humaines, le temps qui passe, les sentiments retenus ou mal dirigés.
Le cœur du récit repose sur la relation entre Cha Eun-ho et Kang Dan-i. Leur histoire est celle d’un amour de longue date, né dans l’ombre d’une amitié profonde. Eun-ho a aimé Dan-i en silence depuis des années, conscient de ses douleurs, respectueux de ses choix, mais toujours présent comme un pilier discret. Dan-i, quant à elle, ne voit pas cet amour tant elle est enfermée dans sa propre lutte pour survivre, se reconstruire, retrouver une dignité. Leur romance naît lentement, par petits gestes, regards détournés, gestes de tendresse muets. Elle n’a rien de flamboyant, mais tout de rassurant et de vrai. C’est une romance réparatrice, qui se construit sur la mémoire partagée, le respect mutuel, et la reconnaissance tardive d’un amour inconditionnel. La beauté de cet arc réside dans sa lenteur, sa maturité, et la manière dont il illustre l’idée que parfois, l’amour le plus évident est aussi le plus difficile à admettre.

Un deuxième arc, plus instable, se construit autour d’un triangle amoureux entre Dan-i, Cha Eun-ho et Ji Seo-joon. Seo-joon est jeune, séduisant, spontané, et il tombe sincèrement sous le charme de Dan-i. Leur relation démarre avec légèreté, mais révèle peu à peu une tension sous-jacente : la difficulté de Dan-i à s’engager dans une nouvelle histoire sans avoir encore guéri du passé, et l’incertitude de Seo-joon, qui cache lui-même une blessure liée à la disparition d’un écrivain qu’il admirait, et qui le lie indirectement à Eun-ho. Ce triangle n’est pas conflictuel dans le sens classique du terme, car il ne repose pas sur la jalousie ou la rivalité ouverte, mais sur des sentiments mal alignés.

Un troisième arc discret mais émouvant se tisse entre Ji Seo-joon et Song Hae-rin. Hae-rin, déjà écartée sentimentalement par Eun-ho, semble chercher en Seo-joon une autre forme de connexion. Leur dynamique est marquée par une tension professionnelle et émotionnelle, pleine de regards, de silences, de possibles avortés. Hae-rin est un personnage très digne, qui ne laisse jamais paraître ses blessures, mais dont les élans vers Seo-joon révèlent une solitude discrète. Cet arc est moins développé mais contribue à humaniser ces personnages secondaires, en les plaçant eux aussi face à l’attente, au renoncement, à l’ambiguïté des sentiments.

En arrière-plan, la série égrène d’autres romances secondaires, parfois légères, parfois simplement esquissées. Le duo Park Hoon et Oh Ji-yool apporte de la fraîcheur dans un univers où les relations principales sont plus lentes et émotionnelles. Ils symbolisent l’élan amoureux de la jeunesse, avec ses maladresses, ses hésitations, ses jeux de séduction. D’autres personnages, comme Seo Young-ah et Bong Ji-hong, le couple marié de l’équipe, illustrent une forme d’amour du quotidien, entre complicité et épuisement, entre tendresse banale et soutien constant.

Ce qui distingue Romance is a Bonus Book, c’est que la romance, dans toutes ses formes, est toujours liée à l’évolution personnelle. Aimer, dans cette série, ce n’est pas fuir la réalité ni tout sacrifier pour l’autre : c’est se reconstruire avec l’autre, à côté de l’autre, dans un monde imparfait. Il n’y a pas de rivalité stérile ni de déclarations enflammées ; il y a des doutes, des silences, des choix difficiles, des liens qui se tissent lentement. La série explore la maturité émotionnelle avec une justesse rare, et offre ainsi une vision de la romance comme un supplément à la vie — non pas son moteur unique, mais un bonus, comme le suggère son titre.

Plusieurs portraits de femmes à plusieurs stades de la vie et de la carrière
Kang Dan-i, interprétée par Lee Na-young, est au cœur de cette thématique. Dans la quarantaine, elle revient sur le marché du travail après des années consacrées à sa famille. Elle se fait passer pour moins diplômée afin d’être embauchée à un poste subalterne, et doit, à travers des tâches modestes, reconquérir sa place par la preuve, le travail et l’humilité.
Là où Romance is a Bonus Book se distingue, c’est qu’il ne réduit pas Dan-i à une victime. Il la montre résiliente, inventive, pleine de ressources. Elle accepte un poste d’assistante sans se plaindre, non par résignation, mais parce qu’elle sait que seule sa ténacité pourra convaincre. Elle travaille plus que les autres, prend des initiatives, apprend vite. Elle réinvente sa légitimité. C’est un message fort pour toutes les femmes dont la carrière a été suspendue ou cassée : il est possible de recommencer, même si c’est dur, même si c’est injuste. L’important, c’est de ne pas renoncer à son identité professionnelle.
Son parcours met aussi en lumière un autre enjeu : celui du regard social sur les femmes divorcées. En Corée du Sud, bien que les choses évoluent, le divorce reste souvent stigmatisé, notamment pour les femmes (thème également repris avec le personnage de Seo Young-ah). Dan-i vit cette réalité : elle est seule, sans filet, et doit cacher sa situation pour survivre. Mais au lieu de se refermer, elle garde une ouverture au monde, une forme de foi dans la beauté des choses – les livres, les gens, les instants simples. Cette attitude la rend lumineuse malgré tout.
Enfin, son personnage incarne une forme d’émancipation émotionnelle. Elle apprend à dire non, à poser ses limites, à se choisir elle-même. Longtemps prise dans des relations passives, voire toxiques (avec son ex-mari, ou avec certains hommes qu’elle croise), elle finit par reconnaître la valeur d’un amour construit sur l’écoute, le respect, la constance. Là encore, c’est un message puissant pour les femmes qui, dans la trentaine ou la quarantaine, doivent souvent reconstruire leur vie sentimentale dans un contexte où la pression sociale est forte.
Dan-i, ce n’est pas une héroïne idéalisée. C’est une femme en transition, à la fois fragile et forte, maladroite et déterminée. À travers elle, le drama parle de toutes celles qui essaient de reprendre le contrôle de leur existence, après avoir été trop longtemps définies par les autres. Un hommage discret mais sincère à une génération de femmes coréennes souvent invisibilisées dans les fictions comme dans la réalité.

Song Hae-rin, jouée par Jung Yoo-jin, est une éditrice dans la trentaine, en pleine ascension professionnelle. Intelligente, cultivée et rigoureuse, elle a l’admiration de ses collègues et porte l’image de la femme moderne ambitieuse et compétente. Pourtant, elle vit aussi les contradictions d’un monde professionnel où, malgré ses mérites, elle se heurte au plafond de verre, notamment dans sa relation avec Cha Eun-ho, qu’elle admire et aime sans retour. Sa position intermédiaire — ni marginale comme Dan-i, ni au sommet — illustre une tension très présente chez les femmes coréennes de sa génération : comment s’affirmer dans une société encore dominée par les hommes sans être réduite à un rôle de soutien ou d’assistante, même quand on est brillante.

Oh Ji-yool, incarnée par Park Gyu-young, est une jeune recrue dans l’entreprise, issue d’un milieu aisé. Elle incarne une nouvelle génération de femmes, pleines de confiance mais aussi soumises à une pression implicite de performance et de perfection. Compétente mais parfois désinvolte et maladroite, elle fait face aux tensions liées à l’intégration dans un univers professionnel encore hiérarchisé, où les juniors, surtout les jeunes femmes, doivent faire leurs preuves tout en gardant le bon ton. Elle représente les débuts d’un parcours professionnel où l’on navigue entre idéaux et réalités, ambition et adaptation.

Seo Young-ah, jouée par Kim Sun-young, est une femme mariée, un peu plus âgée, occupant un poste stratégique au sein de l’équipe marketing. Elle jongle entre sa vie de couple, son rôle de mère et sa carrière, dans un équilibre souvent instable. Elle est compétente, vive, mais aussi débordée, ce qui fait d’elle un personnage très humain. Elle incarne une autre facette de la réinsertion : celle qui n’est pas spectaculaire mais permanente, celle du quotidien, où la charge mentale et la pression du double rôle sont constantes. Son personnage rappelle que la réussite professionnelle des femmes ne les libère pas des attentes traditionnelles liées à la sphère domestique.

Enfin, Go Yoo-sun, interprétée par Kim Yoo-mi, est une femme autoritaire, expérimentée, responsable des ressources humaines. Elle est rigide, critique, souvent froide, mais sa posture cache les compromis qu’elle a dû faire pour s’imposer dans un monde dirigé par des hommes. Elle incarne une génération de femmes qui ont dû renoncer à beaucoup pour garder leur place, et qui, parfois, reproduisent envers les plus jeunes la sévérité qu’elles ont subie. Sa rigidité est une forme de mécanisme de survie. Elle ne se rend pas toujours compte qu’elle perpétue un modèle exigeant, voire injuste, mais elle fait aussi partie de cette fresque de femmes aux trajectoires différentes.

À travers ces figures féminines à des âges et à des niveaux de carrière différents, Romance is a Bonus Book peint un tableau réaliste et émouvant de la condition féminine dans le monde professionnel sud-coréen. Chacune d’elles, à sa manière, est confrontée à des choix, des renoncements, des ambitions contrariées, mais aussi à des moments de solidarité, de courage et de transformation. Ensemble, elles illustrent les tensions entre vie personnelle, accomplissement professionnel et poids des attentes sociales dans une société encore imprégnée de normes patriarcales.

Les comédiens
Lee Na-young incarne Kang Dan-i, ancienne rédactrice talentueuse, divorcée et mère d’une jeune fille, qui tente de reprendre sa carrière dans le monde de l’édition après des années d’arrêt.
Lee Jong-suk joue Cha Eun-ho, écrivain à succès et plus jeune rédacteur en chef de la maison d’édition Gyeoroo. Ami de longue date de Dan-i, il est son soutien discret et constant.
Jung Yoo-jin interprète Song Hae-rin, éditrice brillante, passionnée par son travail, qui nourrit des sentiments non partagés pour Eun-ho.
Wi Ha-joon joue Ji Seo-joon, un jeune designer de couvertures de livres, charismatique et mystérieux, qui développe une relation ambigüe avec Dan-i et cache un lien avec un écrivain disparu.
Kim Tae-woo est Kim Jae-min, le PDG de Gyeoroo Publishing, bienveillant mais soucieux de préserver l’image de la maison d’édition.
Kim Yoo-mi joue Go Yoo-sun, responsable des ressources humaines, rigide et autoritaire, mais profondément marquée par son propre parcours professionnel.
Jo Han-chul incarne Bong Ji-hong, éditeur senior, marié à Seo Young-ah, doté d’un humour un peu pince-sans-rire.
Kim Sun-young joue Seo Young-ah, responsable marketing dynamique, collègue de Dan-i, qui doit jongler entre sa vie professionnelle et sa vie de famille.
Kang Ki-doong interprète Park Hoon, un jeune employé du service marketing, enthousiaste et maladroit, souvent en duo comique avec sa collègue Ji-yool.
Park Gyu-young incarne Oh Ji-yool, jeune éditrice issue d’un milieu aisé, brillante mais parfois naïve, confrontée à la réalité du travail en entreprise.
Oh Eui-sik joue Hong Dong-min, l’ex-mari de Dan-i, distant et peu impliqué, dont le comportement est une des raisons du naufrage de leur couple.
Lee Ji-won est Hong Jae-hee, la fille de Dan-i, que l’on voit à distance, vivant avec sa tante pendant que sa mère tente de reconstruire sa vie.
Hwang Se-on incarne Kim Na-kyung, l’ex-petite amie de Cha Eun-ho, dont le départ a laissé des traces dans sa vie sentimentale.

Création : Studio Dragon
Ecriture : Jung Hyun-jung
Réalisation : Lee Jeong-hyo
Production exécutive : Hwang Jee-woo
Production : Story & Pictures Media

D’autres séries avec un thème très proche
Les héroïnes Kang Dan-i (interprétée par Lee Na-young), Nam Haeng-seon (Jeon Do-yeon), Oh Dong-baek (Gong Hyo-jin), Seo Ji-an (Shin Hye-sun), Yoon Jin-ah (Son Ye-jin) et Kim Mi-so (Jung So-min) incarnent dans leurs dramas respectifs des figures féminines nuancées, ancrées dans la société coréenne contemporaine, chacune confrontée à des tensions liées à la place des femmes dans un monde dominé par les normes sociales, familiales et professionnelles.
Nam Haeng-seon, dans Crash Course in Romance, est une ancienne athlète devenue commerçante, qui élève la fille de sa sœur comme sa propre fille. Elle se bat contre un système éducatif élitiste, tout en réapprenant à s’ouvrir à l’amour. Figure maternelle forte et indépendante, elle représente la classe populaire urbaine, qui résiste sans revendication bruyante, mais avec une détermination inébranlable.
Oh Dong-baek, dans When the Camellia Blooms, est une mère célibataire qui tient un bar dans une petite ville conservatrice. Discrète et timide, elle doit affronter le mépris et les jugements des autres. Elle est sans doute la plus vulnérable de ces héroïnes, mais aussi l’une des plus bouleversantes, car elle incarne la marginalité silencieuse des femmes seules qui tentent, pas à pas, de se défendre et d’être reconnues comme êtres humains à part entière.
Seo Ji-an, dans My Golden Life, est une jeune femme issue d’un milieu modeste, brisée par les injustices sociales et le monde du travail. Lorsqu’elle croit être la fille d’une riche famille, elle goûte brièvement à la vie des privilégiés avant de réaliser l’illusion. C’est une héroïne lucide, parfois dure, qui refuse de se compromettre pour réussir, et qui finit par se redéfinir seule, en dehors de toute appartenance sociale ou affective imposée.

Yoon Jin-ah, dans Something in the Rain, vit dans le carcan des attentes familiales. Bien qu’elle paraisse indépendante, elle subit le poids des injonctions maternelles sur le mariage et la réussite. Son histoire d’amour avec un homme plus jeune la confronte au rejet, et l’oblige à choisir entre le regard des autres et son propre bonheur. Elle incarne le conflit entre le désir intime et la norme sociale.
Kim Mi-so, dans Because This is My First Life, est une femme calme et rationnelle, qui choisit un mariage de convenance pour se libérer de la pression sociale. Elle remet en question le romantisme classique et défend une vision pragmatique et égalitaire de la vie à deux. En refusant d’être définie par la maternité ou l’amour passionnel, elle propose un modèle discret mais profondément féministe de liberté.
Ces femmes, aux personnalités contrastées et aux parcours singuliers, interrogent la manière dont les femmes coréennes, dans la trentaine ou la quarantaine, doivent sans cesse négocier leur rapport au travail, à la famille, à l’amour et à la société. À travers elles, les K-dramas contemporains donnent à voir un paysage riche, sensible et critique de la condition féminine en Corée du Sud, loin des clichés, et ancré dans les tensions bien réelles du quotidien.
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