Deux scènes à la fin de la série (épisodes 15 et 16) sont parmi les plus belles et les plus chargées en émotions de Twenty-Five Twenty-One, et elles mettent en lumière l’un des thèmes fondamentaux de la série : l’amitié comme lien plus puissant et durable que l’amour romantique.

La première scène, celle de la finale en Espagne, est magistrale dans sa mise en scène et dans ce qu’elle raconte sans mots. Après son départ pour la Russie, Yu-rim s’est murée dans le silence, coupant tout contact avec Hee-do. Cette absence a laissé des cicatrices, Hee-do ayant vécu cela comme un abandon. Lorsqu’elles se retrouvent sur la piste, elles sont des adversaires officielles, mais aussi des amies blessées par la distance et les circonstances. La tension est palpable, non seulement à cause de l’enjeu sportif, mais aussi en raison de tout ce non-dit entre elles. Leur posture figée avant le combat, leurs regards invisibles derrière leurs casques, la froideur apparente de Yu-rim face à une Hee-do qui attend un signe de reconnaissance traduisent un conflit émotionnel profond. Lorsque Hee-do remporte la victoire, tout ce qui a été contenu explose en larmes silencieuses. Les applaudissements s’effacent, seuls le son de leurs pas résonne, le casque de Yu-rim qui tombe, le son des tenues de combat. Le moment où elles enlèvent enfin leur casque au moment du salut final et se précipitent l’une vers l’autre sous les flashs des photographes est bouleversant. Ce n’est plus seulement une réconciliation entre deux adversaires mais la preuve que, malgré la rupture, malgré la séparation imposée, l’amitié qu’elles ont bâtie reste plus forte que tout. Elles se retrouvent comme si le temps n’avait pas eu d’emprise sur elles.





















La seconde scène, celle du dernier combat de Hee-do et de l’annonce de sa retraite, bien des années plus tard, renforce cette idée que leur lien dépasse l’épreuve du temps. Hee-do, devenue une légende de l’escrime coréenne, termine sa carrière sous les projecteurs, seule sur la piste. Alors qu’elle répond aux questions en direct, Yu-rim fend la foule et l’enlace, comme un écho à leur étreinte passée. Il y a une symbolique forte dans cette apparition soudaine : dans un monde où les choses passent, où les amours s’évanouissent, où les ambitions s’effacent, leur amitié, elle, est restée intacte.











Ce parallèle entre les deux scènes souligne à quel point la série construit son discours autour de l’amitié comme fil rouge de la vie de Hee-do. L’amour entre Hee-do et Yi-jin, bien qu’intense et sincère, n’a pas résisté aux contraintes du monde réel. Il a été emporté par les obligations, les ambitions et les responsabilités adultes. Leur séparation, bien qu’amère, était inévitable. En revanche, l’amitié entre Hee-do et Yu-rim a traversé les épreuves, les ruptures, les années et s’est toujours reformée.

On pourrait presque dire que l’histoire de la série repose sur une sorte de tragédie inversée : ce qui semble être le récit principal, la romance entre Hee-do et Yi-jin, est en réalité un chemin qui conduit à une séparation définitive, tandis que ce qui semble être un arc secondaire, l’amitié entre Hee-do et Yu-rim, est ce qui survit au temps et devient la véritable relation centrale du drama. Si la série avait un message à faire passer, ce serait peut-être celui-ci : certaines relations s’inscrivent dans un moment donné de la vie et disparaissent, tandis que d’autres, même après des ruptures et des silences, finissent toujours par revenir, parce qu’elles sont essentielles.
Ce regard sur Twenty-Five Twenty-One donne d’ailleurs un autre sens au titre de la série. Ce n’est pas simplement l’histoire d’un amour qui s’épanouit et meurt entre 25 et 21 ans, c’est aussi celle d’une amitié qui a su renaître au-delà de cet âge et qui continue à exister bien après.
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