
Pendant plus d’une vingtaine d’années, Mako et Kiri ont vécu sur un atoll des Tuamotu, un peu comme des Robinsons. Caméra au poing, ils ont filmé la faune qui vivait autour d’eux, témoins des naissances, témoins de la vie sauvage de ces îlots, témoins des morts.
« On a commencé à faire des images, et on s’est rendu compte qu’elles étaient magnifiques. On avait envie de les partager avec tout le monde, mais on avait une crainte, c’est qu’en les montrant, l’homme vienne l’abîmer en voulant la voir. Aujourd’hui, nous nous sommes aperçus que sur l’atoll, malheureusement, cette magnificence de la nature, cette opulence, elle n’existe plus. C’est maintenant qu’il faut qu’on montre nos images, pour que les gens comprennent que c’est maintenant qu’il faut agir pour notre belle planète. »
Ce petit atoll héberge de nombreuses espèces d’oiseaux de mer : des sternes blanches, des frégates Ariel, des fous à pieds rouges, des noddis, des aigrettes sacrées, des phaétons à brins rouges. Dans la mer, toutes sortent d’espèces se côtoient et Mako et Kiri les filment en apnée pour s’approcher d’elles au plus près.
« En vivant constamment sur l’atoll pendant 20 ans, nous nous sommes rendus compte de la vie qui était omniprésente non seulement avec les oiseaux et ce qu’on voyait sous l’eau. Mais on sort de l’îlot, on voit des raies en train de faire des danses d’accouplements, on voit les baleines qui arrivent en juillet et en août. C’est absolument grandiose d’avoir une telle symbiose avec la nature, de voir les saisons passer et toute la vie qui habite à côté d’un bout de caillou au milieu de l’océan. »
« Nous nous sommes rendus-compte qu’après 2014, avec El nino, notre vie allait être complètement bouleversée, parce qu’après les houles qu’on venait de subir, on s’est retrouvé en 2016 avec un blanchiment total de la passe. Le jour où on a vu la passe blanche, on pleurait tellement on était déconcerté d’en arriver à un tel point de non-retour ».
Ce film est un appel à la responsabilité des hommes : « Quand on voit ces merveilleuses images, on a l’impression que la nature est magnifique, qu’elle est belle éternellement, mais il n’y a plus cette opulence qu’il y avait avant, parce que malheureusement le changement climatique nous touche, les humains prélèvent beaucoup trop dans la nature et si on ne prend pas conscience maintenant qu’il faut agir. La nature n’aura jamais la force de se régénérer elle-même. Il faut prendre conscience que nous devons aider la nature, aider la planète, sinon c’est nous les Humains qui ne pourront plus vivre sur elle. »










Réalisation & Production : Marc E. Louvat, Kiri et Mako Lacinnik.
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