Manahune… Musique 100% maohi, made in Tahiti (South Pacific), à découvrir ou redécouvrir…
Comme Marvin Gaye ou Alice Cooper, Aldo Raveino est fils de pasteur. Comme ses illustres prédécesseurs, sans doute en conflit avec le schéma paternel s’est-il entendu dire « la musique ce n’est pas un métier ». Et pourtant, c’est devenu le crédo de cet artiste qui occupe la scène rock polynésienne depuis bientôt 25 ans : « La musique, c’est de la création artistique au même titre que la peinture ou la sculpture et il existe un incroyable vivier en Polynésie qui reste inexploité voire méprisé » nous a-t-il confié lors d’un entretien chez lui à la Presqu’île.
À la fin des années 80, il est le premier avec sa formation Manahune à produire une musique pop ma’ohi. Une musique où rythmique à contretemps, propre au reggae, flirte avec les sonorités caverneuses du didgeridoo ou des toere. A l’époque où la société tahitienne était très stratifiée, le Manahune désignait le peuple d’en bas, en opposition avec les chefs et les prêtres. Faire parti de l’aventure Manahune, c’est considérer que la société contemporaine reste traversée par de profondes inégalités. C’est ce malaise social qu’Aldo Raveino évoque dans ses chants et qui justifie en partie sa collaboration avec d’autres chanteurs à textes au début des années 90.
Ses riffs vont ainsi immortaliser des morceaux interprétés par deux autres légendes de la musique locale, Bobby et Angelo. Journaliste et militant politique, il reprend sa guitare et produit deux albums aux sonorités très rock dans les années 2000. Dans le sillage de Manahune de nombreux groupes vont se former, démontrant qu’une musique aux racines occidentales et par essence contestatrice pouvait se développer en Polynésie même interprétée en langue vernaculaire : Maruao ou Toa Ura chantent en tahitien, Tikahiri en langue paumotu et Takanini en marquisien.
Photos : MEL







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